Trois ans après le début de son occupation, où est en le cinéma La Clef ?

Le 21 septembre, jour pour jour, cela faisait trois ans qu’une poignée de jeunes cinéphiles se sont introdui·tes dans le cinéma La Clef pour l’occuper pendant deux et demi au rythme de séances issues d’une programmation engagée et exigeante.

Galvanisée par une fréquentation record (plus de 70 % et un public en majorité jeune), un soutien d’une partie de la profession (notamment Céline Sciamma, Leos Carax, Agnès Jaoui, Olivier Assayas) et, surtout, l’investissement de ses membres bénévoles (une centaine à ce jour), l’association a jusque-là non seulement survécu à son expulsion et a poursuivi ses activités dans des lieux amis et des festivals, mais elle a en plus fait reculer le groupe SOS qui projetait de le racheter. 

Vers une pérennisation des activités de l’association ?

La possibilité de pérenniser les activités de l’association (tant l’exploitation que l’accompagnement à la création avec le studio 34) en lui rendant le cinéma est désormais possible, à condition que les 4,2 millions d’euros demandés par les propriétaires soient réunis. Au départ irréaliste, cette utopie devient de plus en plus tangible. L’association a ainsi présenté mercredi dernier un plan de financement à la presse – plan qui mise sur le mécénat, l’obtention d’un prêt bancaire et des aides publiques. Si ces financements devraient, comme souvent dans ce type de cas, tomber selon un effet domino, ce qui a déjà été sécurisé par la campagne de don est un apport de 150 000 euros, permettant un emprunt d’un million d’euros. 

Afin de poursuivre et mener à bien son plan de rachat, l’association organisera prochainement avec son premier grand mécène, Pascal Breton, un dîner afin de récolter des fonds, qui permettront de prétendre à un emprunt plus conséquent et de rendre un peu plus réaliste le rachat du cinéma La Clef. La perspective de s’y réinstaller, cette fois dans un cadre aussi légal que pérenne, est en train de devenir une utopie concrète et toujours basée sur les principes forts de l’association : “programmer de manière collective et horizontale des films peu diffusés, à prix libre et proposer des espaces de création à prix solidaires ainsi que des ateliers gratuits et ouverts à tou·tes.

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